Épisode 3 : La boussole d’or et la Boston Tea Party

Alors que le couvre-feu et le froid de l’hiver nous invitaient à rester chez nous bien au chaud, je profitai du temps qui m’était imparti pour passer plus de moments en compagnie de ma famille. Avec ma mère et ma soeur, une routine s’était installée : à la fin de l’après-midi, nous regardions une série ensemble, avec un chocolat chaud et de bonnes pâtisseries. Étonnamment, le choix de la série ne fut l’objet d’aucun litige. Alors que ma mère avait pour habitude de regarder La Petite Maison dans la Prairie ou Docteur Quinn, je leur proposai de découvrir la série Outlander, dont les protagonistes rejoignent le continent américain dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Avec ces trois séries qui nous plongeaient dans l’Amérique colonisée, je me surpris à m’intéresser à l’histoire du nouveau continent, sur laquelle je n’avais auparavant jamais pris le temps de me pencher. Elle a pourtant une certaine incidence sur l’histoire de notre pays, comme le montre le lien étroit entre la Révolution américaine et celle ayant eu lieu sur le territoire français.

J’entrepris alors, entre deux épisodes, des recherches sur la Révolution qui mena à l’indépendance des États-Unis d’Amérique en 1776. Face aux maigres informations que je peinais à collecter dans les livres de ma bibliothèque, je me rappelai soudainement que j’avais à disposition un moyen plus fiable, et surtout bien plus amusant, d’en apprendre davantage sur le sujet : les voyages dans le temps de la boussole d’or. Sans perdre plus de temps, je tournai le balancier vers la gauche jusqu’à remonter trois ans avant l’indépendance des treize colonies. Soudain, un vent souffla brutalement sur mon visage et une impression de vertige, accompagnée de fourmillements dans les jambes, me retourna le cœur. À peine eu-je le temps de prendre une profonde inspiration que je me retrouvai propulsée dans l’Amérique des années 1770.

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Chapitre 1 : Boston, 15 décembre 1773. Arrivée à la taverne

Une odeur de poisson me chatouillant le nez et le brouhaha de la ville m’extirpèrent de mon sommeil. Tout en ouvrant les yeux et en m’étirant les bras, je découvris que je me trouvais dans un port, inondé de personnes parlant un anglais fort éloigné du britannique. Pas de doute, j’étais bien en Amérique.

François-Xavier Habermann, Vue sur Boston vers le Cale du Port, gravure, vers 1770
(d’après) American School, Boston Harbour, 1854, lithographie, Collection privée

Emerveillée par le dynamisme et l’esthétisme original de la ville, je me baladai en observant les navires et l’étendu de l’océan auxquels faisaient face des commerces et auberges se succédant le long de la rue. Après avoir marché des heures durant, je décidai de m’arrêter à une taverne pour me reposer et me rassasier. Alors que le soleil tirait sa révérence, j’entrai donc dans l’une d’entre elles et avançai jusqu’au comptoir. Non loin de moi se trouvait une table autour de laquelle s’était réuni un groupe de jeunes gens, dont la verve et le sérieux de la conversation attirèrent mon attention :

Ancien bâtiment où le projet de la Boston Tea Party est supposé avoir éclos, gravure, réalisée vers 1880

-Le vote du Tea Act est un affront envers les colons : en favorisant la Compagnie des Indes, le roi se moque bien de nous. Mais comment allons-nous tenir? 

A cette interrogation, un homme répondit avec zèle:

-Nous n’avons pas eu d’autre choix que de boycotter le thé de la Compagnie. Mais ce n’est pas suffisant. Maintenant, il faut passer à l’action.

Tout en savourant une bière dont les bulles trépidantes étaient des plus rafraichissantes, je remarquai subitement les regards tournés vers moi dans lesquels je décelai une once de mépris : « une femme buvant de la bière dans une taverne, seule qui plus est, devait certainement être l’objet d’un spectacle pour l’époque » pensais-je subitement.

Adriaen Brouwer, The Tobacco Inn, vers 1630, Frans Hals Museum

Embarrassée face à tous ces visages curieux, je profitai de l’ivresse d’un homme effondré sur le comptoir pour m’emparer de son chapeau que je m’empressai de poser sur ma tête. Une fois mon visage dissimulé, je m’intéressai à nouveau à la conversation sur laquelle semblait reposer le sort de l’Amérique.

-Le Boston Town Meeting n’a décidemment rien changé. Il est temps de faire quelque chose : les mots marquent, mais seuls les actes frappent, affirma avec fougue l’un des locuteurs.

Intriguée par ce Boston Town Meeting, j’interpellai le tavernier afin de lui demander de m’expliquer de quoi il s’agissait. Alors que j’observais sa longue chevelure blonde qu’il avait attachée en queue de cheval, il me répondit :

-Vous vous intéressez à des sujets bien éloignés des besognes d’une demoiselle accomplie. Mais puisque vous insistez, sachez qu’une réunion fut organisée il y a un an pour dresser une liste des transgressions et des violations des droits des colons dans la province du Massachussetts.

-Des violations de vos droits par le gouvernement anglais? N’êtes-vous pas pourtant sujets du roi d’Angleterre au même titre que les personnes résidant sur le sol britannique ? répondis-je avec entrain.

-Précisément. Mais la couronne anglaise semble oublier ce point. Depuis que les premiers Puritains se sont installés à Boston en 1630, une série d’affrontements nous opposent, nous Bostoniens, à notre roi, Georges III, qui tente de nous couper toute liberté de manœuvre. Le Tea Act, voté il y a quelques mois, est un peu comme la cerise sur le gâteau.

Saisissant mon incompréhension au soulèvement de mes sourcils, il poursuivit, non sans un soupir :

-Le Tea Act fut voté au mois de mai dernier par le Parlement, à Londres, ce qui permet désormais à la Compagnie anglaise des Indes de vendre son thé sans avoir à payer les taxes. C’est pour le gouvernement britannique un moyen de soutenir la Compagnie qui croule sous le poids des dettes et de la famine survenue en 1769-1770.

Je me rappelais avoir lu quelque chose sur la crise économique à laquelle faisait difficilement face la Compagnie des Indes britannique. Cette famine avait en effet engendré le décès de près de 10 millions de personnes.

-C’est bien gentil de les aider, ironisa-t-il, mais le fait qu’ils n’aient plus à payer les taxes leur permet de vendre leur thé moins cher, ce qui, comme vous pouvez vous en douter, cause la ruine des marchands indépendants américains qui se voient voler toutes leurs clientèles.

-Délicate situation en effet.

En tout cas, si vous voulez mon avis, quelque chose se prépare. Les Bostoniens n’en resteront pas là, conclut-t-il en observant le fond vide de mon verre avant d’ajouter: « Une autre bière Mademoiselle ? »

-Heu, ça ira, merci, lui répondis-je en essayant d’ingurgiter la masse d’informations que je venais de recevoir. En revanche, ajoutais-je, je souhaiterais réserver une chambre car je compte passer la nuit à Boston avant de reprendre ma route.

Après m’être rendue compte que je n’avais que des euros à lui proposer pour payer la bière et la chambre, auxquelles ajoutais-je imprudemment un dîner, il me proposa de le régler en faisant le ménage dans toutes les chambres du premier étage. Je n’ai pas le luxe de refuser supposais-je alors en soupirant.

Après m’être nourrie d’une cuisse de poulet avec des pommes de terre que m’avait servis la cuisinière et après avoir installé mes affaires dans la pièce que l’on m’avait mise à disposition, je visitai donc les chambres du premier étage, armée d’un balai et d’un chiffon, pour mener une lutte sans trêve avec la poussière et les araignées.

En passant la serpillère dans la troisième pièce, une jeune fille travaillant également au sein de l’auberge vint me tenir compagnie. Betty qu’elle s’appelait.

Chapitre 2. Des plumes et des poussières

D’après ce qu’elle me raconta, assise sur le lit pendant que je m’évertuais à faire briller le sol de la chambre, Betty avait perdu son père il y a trois ans, mort assassiné par un groupe de sentinelles britanniques, ici, à Boston.

-C’est un jour que je n’oublierai jamais. C’était le 5 mars 1770. Tu as dû en entendre parler de toute façon.

-C’est que je ne vis pas à Boston. En vérité, je viens de très loin. Que s’est-il passé ce jour-là ? lui demandais-je tout en dégageant avec mon plumeau une araignée qui tentait d’établir son logis dans une male.

-Mon père était un pêcheur. Et pour retourner à la maison, il empruntait quotidiennement la rue King, non loin d’ici. Ce jour-là, alors qu’il avait rejoint cette rue, une émeute éclata. Comme tu le sais probablement, l’armée britannique est présente à Boston depuis 1768, pour faire respecter l’ordre. C’est que la série de taxes promulguées par le gouvernement à Londres n’a pas fait l’unanimité ici. Les relations entre les Bostoniens et les sentinelles britanniques étaient donc tendues. Et l’incident du 5 mars mit comme qui dirait le feu aux poudres ; alors qu’une foule s’était amassée près d’un soldat britannique, celui-ci fut rejoint par huit de ses compagnons qui tirèrent sur le pauvre peuple. Alors certes, ils étaient injuriés et des hommes, parmi les plus audacieux, leur avaient balancé des cailloux dessus… Mais est-ce une raison suffisante pour ouvrir le feu ?

« Le massacre sanglant perpétré dans la rue King Street de Boston le 5 mars 1770 »
D’après le graveur Henry Pelham et une colorisation de Benjamin Edes, vendu par Paul Revere.

Alors que je m’arrêtai de balayer en la regardant, espérant qu’il s’agissait là d’une question rhétorique à laquelle je n’avais pas à répondre, elle ajouta, les larmes coulant le long de ses joux :

-Il fallait bien qu’ils se défendent, je le sais, mais il faut qu’ils comprennent que le peuple ne peut vivre avec autant de taxes. Mon père était convaincu que les Bostoniens devaient accéder à la liberté. Mais cette conviction le mena à sa perte. Cinq personnes perdirent la vie ce jour-là et plusieurs autres furent blessées. Mon père succomba à ses blessures quelques jours plus tard.

-Je suis désolée, Betty, sincèrement.

-C’est gentil, me répondit-elle tout en essuyant ses larmes. Toujours est-il qu’après ce massacre, un procès fut ouvert. Après que le capitaine Thomas Preston et ses soldats furent jugés et finalement acquittés, ma mère ne put le supporter. La tristesse et le désespoir, auxquels s’ajoutent la pauvreté et la famine, la menèrent aux portes de la mort. Tout ceci à cause de celui qui assura la défense de ces assassins… Bloody John Adams, injuria-t-elle avec véhémence.

-John Adams ? Tu veux dire le président John Adams ? criais-je, surprise d’entendre un nom aussi familier.

-Quoi ? Mais qu’est-ce que tu racontes ?

Alors que Betty me dévisageait en fronçant les sourcils, je me rendis compte de mon anachronisme. John Adams ne devait devenir président que bien longtemps après, en 1797 pour être précise. Les colonies américaines n’obtenant leur indépendance qu’en 1776, il faudra attendre 1789 pour que Georges Washington devienne le premier président des États-Unis d’Amérique. Pour l’heure, les colons étaient toujours sous le joug de la royauté britannique. Je tentais de me sortir de cette embarrassante situation en prétextant que la fatigue causée par le ménage m’avait retournée le cerveau. D’ailleurs, il me restait encore un bon nombre de chambres à nettoyer ! Je quittai donc Betty pour retourner à la tâche, que je devais terminer si je voulais avoir un toit sous lequel dormir ce soir.

John Trumbull, Portrait officiel de John Adams en tant que président des États-Unis

Tout en me demandant si dormir à la belle étoile était une si mauvaise idée que cela, je quittai la troisième chambre pour passer à la suivante. En arrivant devant celle-ci, un jeune homme ouvrit la porte, me priant de ne point le déranger pour toute la nuit.

« Bien Monsieur » répondis-je poliment avant d’observer derrière lui un panier rempli de plumes de couleurs variées, éclairées par une bougie posée sur une table au fond de la chambre. A peine eu-je le temps de l’interroger qu’il referma la porte avec empressement. Le tavernier avait donc raison : quelque chose se prépare. Je n’avais malheureusement peu de temps à consacrer à cette histoire ; une dizaine de chambre attendaient mon passage avant que je puisse retrouver la paix.

Ce n’est qu’après avoir combattu toutes les toiles d’araignées et taches sur les vitres qu’avaient engendrées l’humidité du port que je pus enfin rejoindre ma chambre, où je fus rapidement vaincue par le sommeil.

Chapitre 3. 16 décembre 1773. Le passage à l’action

Le réveil fut des plus pénibles. Jimmy, le tavernier qui était devenu en une soirée mon nouveau patron, remuait ses bras dans tous les sens en me sommant de poursuivre mon travail au second étage. « Quelle impolitesse » pensais-je alors. Il ne manquerait plus qu’il me jette un saut d’eau glacée sur la tête ! Heureusement qu’on n’était pas dans un film américain. Du moins, c’est ce que je pensais… Jimmy poussa un dernier cri en me menaçant de me garder ici toute la semaine s’il le fallait avant de me lancer le chiffon de la serpillère au visage, puis de s’éclipser hors de la pièce. Jimmy était décidemment un patron des plus charmants.

Alors que je réfléchissais à contacter le syndicat pour me plaindre de ce geste des plus humiliants, je montai les escaliers pour rejoindre le second étage. En ouvrant la porte de la première pièce, je découvris un homme, illuminé par les rayons du soleil transperçant la fenêtre à travers laquelle il semblait suivre l’animation du port. Ce qu’il voyait devait avoir retenu toute son attention pour ne pas avoir entendu mes coups sur la porte pour vérifier si la chambre était disponible.

-Excusez-moi monsieur, je ne savais pas que cette chambre était occupée, je repasserai plus tard, lui dis-je en m’apprêtant à faire demi-tour.

-Vous pouvez poursuivre votre travail, cela ne me dérange nullement, me répondit-il calmement sans quitter la vitre des yeux.

Après avoir passé le balai, tout en prenant soin de passer sous le lit et sous les commodes comme l’avait exigé Jimmy, je profitai du nettoyage des fenêtres pour comprendre ce que l’étrange occupant de la chambre regardait avec une telle curiosité. 

-Ce sont de beaux bateaux, n’est-ce pas ? m’interpella-t-il.

-Attendez de voir le Titanic, murmurais-je le sourire aux lèvres.

-Le Titanic ? Si c’est un navire, je crains de ne pas le connaître. Il nous faudra nous contenter aujourd’hui du Dartmouth, de l’Eleanor et du Beaver, que vous voyez juste ici.

Après m’avoir présenté les trois navires qui se trouvaient face à nous de l’autre côté de la fenêtre, il poursuivit à voix basse, comme s’il parlait pour lui-même : le Tea Act favorisa l’accession au monopole de la vente de thé dans les colonies britanniques. Et que deviennent les colons vivant sur le sol américain, hein ? La liberté économique des colonies n’est pas loin. Regardez, me dit-il en pointant du doigt un groupe d’Indiens se dirigeant vers ces bateaux. Je vous présente les Fils de la liberté.

Il y avait en effet une centaine d’individus torses-nus, portant des marques colorées sur le visage et des plumes attachées sur la tête telles des couronnes multicolores. Du haut du deuxième étage, je parvenais à desceller sur leurs visages une fougue et une détermination à en faire trembler ceux qui auraient l’audace de s’opposer à eux. Une foule s’était amassée sur le port, intriguée par cette horde d’Indiens avançant dangereusement vers les navires de la Compagnie des Indes. Une fois montés à bord, les Indiens s’emparèrent des caisses de thé et les jetèrent par-dessus bord sous les yeux ébahis du peuple.

Luis Arcas Brauner, Boston Tea Party, XXe siècle

-Mais que font ces hommes ? m’exclamai-je, surprise par un tel spectacle qui semblait surréaliste.

-Ils sont en marche pour la liberté, me répondit mon interlocuteur, manifestement peu troublé par toute cette agitation.

En l’observant, je remarquai comme un léger rictus sur son visage, traduisant la satisfaction qu’il éprouvait à cet instant présent. Il savait que cela allait se produire, c’était évident. Mais comment pouvait-il bien être au courant du plan des Indiens ? Ce pourrait-il qu’il les ait payés pour faire la sale besogne à sa place ? 

Jan Mecklenburg, The Boston Tea Party 

Pendant que je réfléchissais, essayant vainement de comprendre ce qui était en train de se passer sous mes yeux, plus de mille personnes s’étaient amassées près des navires sur lesquels les activistes poursuivaient leur travail. Plus d’une cinquantaine de caisses de thé avaient déjà rejoint les profondeurs de l’océan. La foule agitée, les cris des sentinelles britanniques, le regard de l’homme mystérieux qui se tenait à mes côtés… Tout ceci me retournait la tête. Submergée par tant d’informations simultanées auxquelles s’ajoutait la fatigue de la nuit précédente, je me sentis brusquement fiévreuse et tremblante. Alors que je m’appuyai contre le mur et prenais de grandes inspirations pour tenter de reprendre mes esprits, un flot incontrôlable d’images défila dans ma tête. Mon arrivée au port, le groupe d’hommes dans la taverne, les yeux rivés sur moi, la compagnie de Betty, les araignées, les plumes, Jimmy hurlant après moi… Les plumes !

Les plumes que j’avais aperçues dans l’une des chambres du premier étage la nuit dernière ressemblaient à celles que portaient les Indiens dévalisant les stocks de thé. Si mon observation était exacte, cela voudrait dire qu’il ne s’agissait nullement d’Indiens, mais de colons déguisés ! L’heure de la vengeance avait donc sonné pour les Bostoniens : au total, 340 caisses de thé furent jetées par-dessus bord, faisant perdre à la Compagnie 10 000 livres sterling.

A en croire les livres de ma bibliothèque, je venais ainsi d’assister à l’épisode que l’Histoire retiendra sous le nom de Boston Tea Party. Mais si mes souvenirs étaient bons, le gouvernement anglais ne laissera pas ce geste de rébellion impuni. Dans quelques mois, le Parlement britannique promulguera en effet des lois punitives à l’encontre des treize colonies, et en particulier Boston. Cette série de lois portera d’ailleurs bien son nom : Les Intolerable Acts (« lois intolérables »), ou Punitive Acts (« loi punitives »). Georges III exigera, entre autres, que le port de Boston soit bloqué en attendant que les pertes causées par le jet des caisses de thé par-dessus-bord soient remboursées. Tout ceci aura évidemment son incidence sur la guerre d’indépendance.

Gravure symbolisant les Intolerable Acts comme les Britanniques forçant une native américaine (allégorie des colonies américaines) à boire du thé. Cette gravure fut distribuée dans les Treize Colonies. Il s’agit de dénoncer ces lois.

Les choses commençant donc à se gâter dans le Massachusetts, il était temps que je retourne chez moi. Après avoir prié l’étrange conspirateur du deuxième étage de m’excuser, je me précipitai à l’étage du dessous pour rejoindre ma chambre. Avant d’actionner la boussole sur l’an 2020, j’eu une pensée pour Betty. J’avais envie de lui dire de ne pas perdre espoir, de lui assurer que leur quête pour la liberté et l’indépendance se soldera par une victoire retentissante. Mais si l’on se fiait aux conseils que donne le docteur à Marty dans le film Retour vers le futur, dévoiler l’avenir à des personnes d’un temps antérieur pourrait avoir des répercutions incontrôlables et je ne voulais pas me risquer à modifier la trajectoire que devait suivre le dessein des États-Unis d’Amérique. Ainsi quittai-je les années 1770 de Boston, non sans laisser couler quelques larmes d’adieu, avant de regagner mon domicile parisien de 2020. Une bien belle aventure que fut ce nouveau voyage dans le temps, aussi émouvant et intense que les précédents…


Sources:

Bernard Bailyn. Les origines idéologiques de la Révolution américaine, Editions Belin, 2010

Bertrand Van Ruymbeke, Histoire des États-Unis : de 1492 à nos jours, Tallandier, 2018

Claude Fohlen, Les Pères de la révolution américaine, Albin Michel, 2013

Thomas Wentworth Higginson, Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesse, Paris, 1880

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