Catherine II de Russie : la croqueuse d’hommes

Sophie-Augusta-Frédérique d’Anhalt-Zerbst, alias Catherine II, est l’une des personnalités féminines les plus étonnantes que la Russie ait connues. L’impératrice aux mille amants règne sur la Russie trente-quatre ans durant, à l’heure où la France a pour souverain Louis XV puis Louis XVI. Son règne, pimenté en intrigues et en liaisons dangereuses, est sans conteste le genre de règne qui sait attiser notre curiosité. Alors parez-vous de vos habits les plus chauds car je vous emmène découvrir la Russie du XVIIIe siècle ! Rassurez-vous, l’artiste Elisabeth Vigée Lebrun qui se rend en Russie à la fin du siècle affirme que si le temps est rude en Russie, les Russes savent donner à leurs appartements la température du printemps. Elle précise même que pour se réchauffer, c’est en Russie qu’il faut aller. Alors, rassurés ?

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Appolinaire Vasnetsov, Vsehsvyatsky Kamenny bridge, Moscou à la fin du XVIIe siècle, 1901

Sophie avant Catherine 

Pour suivre l’évolution de l’impératrice à la cour de Russie, il nous faut au préalable nous rendre en Poméranie, et plus précisément à Stettin, où la petite Sophie vient au monde le 21 avril 1729.

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Anonyme, Catherine II en tant que Grande Duchesse, 1748

Son père, Christian-Auguste d’Anhalt-Zerbst, est un noble sans fortune comme il y en a alors légion en Allemagne. L’accession au titre de prince treize années après la naissance de sa fille ne va d’ailleurs point sortir sa famille de la pauvreté. Au service du roi de Prusse, Christian-Auguste a le sens du devoir et de la rigueur qu’ont en partage les officiers de l’armée.  Bien qu’elle ne le voie pas souvent, Sophie est très attachée à lui, comme elle le soulignera d’ailleurs dans les lettres qu’elle lui enverra plus tard lorsqu’elle aura quitté le foyer familial. Mais si de son père elle se sent proche, il n’en est pas de même de sa mère, Jeanne-Elisabeth d’Holstein-Gottorp. A maintes reprises, l’impératrice écrira dans ses mémoires le manque d’affection maternelle dont elle souffre durant son enfance, un manque de tendresse qu’elle tentera de compenser inconsciemment toute sa vie durant… Cette absence de proximité entre la mère et la fille commence dès la naissance de cette dernière, puisque Jeanne-Elisabeth est déçue de donner naissance à une fille, et non un fils. Avec le temps, leur relation ne semble pas davantage gagner en profondeur, sa mère ne s’intéressant à elle qu’afin de satisfaire ses ambitions.

Ce qu’il faut savoir avec la belle mais malicieuse Jeanne-Elisabeth d’Holstein-Gottorp, c’est qu’elle appartient à une très bonne famille – quoique pauvre également- dont la branche aînée peut prétendre au trône de Suède. Bien qu’appartenant à la branche cadette, la jeune femme peut, par son nom, côtoyer les membres les plus fortunés de la classe nobiliaire allemande de l’époque. Ainsi se rend-t-elle souvent à des bals et fêtes que la sphère mondaine aime tant organiser. Pour elle, chaque bal représente une opportunité de se rapprocher des plus grands et de gagner leur cercle privé. Sophie doit donc accompagner sa mère à ces festivités qui semblent contribuer à son éducation autant que le suivi des cours de langue et de littérature française de sa seconde gouvernante, Badet Cadel. Et c’est précisément lors d’une fête que l’aventure de la jeune princesse commence…

Nous sommes en 1739, à Kiel, où une fête est organisée par le cousin de Jeanne-Elisabeth, Adolphe-Frédéric, futur roi de Suède. C’est ici que la petite Sophie, alors âgée de dix ans, rencontre pour la première fois celui qui deviendra plus tard son époux : son cousin le grand-duc Pierre-Ulric, petit-fils de Pierre le Grand et neveu d’Elisabeth, future impératrice de Russie. S’étant bien entendue avec cet homme qui n’était pareillement qu’un enfant, Catherine s’est tout de suite imaginée impératrice. Vous savez, les rêves de petites filles qui les font s’évader de leur réalité et qui les mènent tout droit vers de beaux châteaux, vers une vie pleine de raffinement et d’amusement. Voilà ce à quoi la jeune Sophie pense depuis cette rencontre. Mais ce qu’elle ignore alors est que, pour elle, ce rêve deviendra réalité. Et sa mère fera tout pour qu’il en soit ainsi.

Avec le soutien du roi de Prusse qui a plus que besoin d’avoir la Russie comme alliée, Sophie et sa mère quittent ensemble l’Allemagne en janvier 1744. Elles arrivent à Saint-Pétersbourg début février, puis découvrent Moscou à la fin du mois.

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Van Loo, Elisabeth « la Clémente »,  1760

Dans cette ville les attend l’impératrice Elisabeth, qui avait pris le pouvoir par un coup d’état trois ans plus tôt. Inutile de préciser la pression que ressent à cette rencontre la princesse allemande, car si elle n’est pas dotée d’une grande beauté, comme elle le dit elle-même, elle a pour compensation une vivacité d’esprit qu’il est pourtant rare de posséder à son âge. Ainsi sait-elle parfaitement que c’est, non à son potentiel fiancé, mais à l’impératrice elle-même qu’il est primordial de plaire. Fort heureusement, les événements se passent comme le souhaitent la mère et la fille. Les fiançailles sont donc officialisées et fixées par Elisabeth le 29 juin. Mais si les deux fiancés semblent attachés l’un à l’autre à l’aube de leur histoire, leur relation ne cesse de se dégrader de jour en jour. Sophie, à qui l’impératrice choisit le nom de Catherine, s’éloigne de Pierre et justifie cette distance par la froideur avec laquelle son promis se comporte avec elle. Ainsi commence dans la tension la vie commune de Catherine et Pierre, mariés le 21 août 1745 à Saint-Pétersbourg.

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Lucas Conrad Pfandzelt, Pierre III, 1761

Huit ans plus tard, celui désigné comme le successeur de l’impératrice et son épouse n’ont toujours pas d’héritier, ce qui place la Russie dans un sentiment d’insécurité. Pour Elisabeth, il est impératif que ce couple impérial ait un enfant afin d’assurer la succession de sa maison sur le trône. Mais Catherine ne peut supporter son époux qui joue du violon la nuit et la brutalise, et ce dernier ne semble pas l’apprécier davantage. Devant trouver au plus vite une solution, l’impératrice décide de jeter sa nièce par alliance dans les bras du jeune officier Sergei Saltykov[1]. C’est le début d’un tourbillon sentimental que Catherine connaîtra jusqu’à la fin de son règne avec bon nombre d’hommes. Car si la postérité garde un aspect de sa personnalité, il s’agit incontestablement de sa volonté d’enchaîner relations sur relations, lui conférant ainsi une légende de croqueuse d’hommes.

 

L’impératrice aux milles amants

Croqueuse d’hommes, voilà la réputation qui suit de près cette nouvelle Romanov.

Portrait de Catherine II de Russie par Dmitri Levitsky, années 1780.jpg
Dmitri Levitsky, Catherine II de Russie, 1780’s

Celle-ci gagne en ampleur lorsque son époux, devenu Pierre III le 5 janvier 1762, est évincé du pouvoir par nul autre que Catherine elle-même. En effet, la rumeur raconte que Pierre III, impopulaire, souhaite abolir le servage, ce que les nobles ne peuvent accepter. Profitant de leur irritation à l’égard de leur souverain, Catherine, qui dispose d’un grand soutien, fait enfermer l’époux qu’elle ne peut souffler. Il sera retrouvé mort le 6 juillet de la même année. Après les six mois de règne de son défunt mari, Catherine prend les commandes. Son fils, le futur Paul Ier, étant encore trop jeune pour gouverner, c’est sa mère qui sera investie de cette mission. Catherine devient donc impératrice de toutes les Russies le 10 juillet suivant.

Le règne de celle que l’on nomme Catherine la Grande, long de trente quatre ans, initie une nouvelle ère en Russie. Bienfaitrice de Diderot et amie de Voltaire, l’impératrice arbore des idées libérales auxquelles la mentalité russe est peu coutumière. Sans aller jusqu’à mettre un terme au servage, la tsarine permet, tout au long de son règne, l’affranchissement de plus de huit cent mille serfs. Elle fait pareillement supprimer les peines corporelles infligées aux seigneurs lorsque ces derniers sont condamnés. L’impératrice, qui fait de Saint-Pétersbourg un véritable centre intellectuel et artistique, est en outre très cultivée. Ainsi, si elle décide de régner seule et de disposer d’un pouvoir absolu, elle sait s’appuyer sur des ouvrages philosophiques et politiques d’où elle puise des conseils avisés pour la gestion de son royaume. Tacite, Plutarque, Montesquieu, et bien d’autres encore, constituent ses lectures favorites. L’intelligente Catherine sait donc s’entourer des meilleurs hommes et, parmi ces derniers gravitant autour d’elle tout au long de son règne, doivent être cités ses amants. Il ne s’agit pas d’un fait anodin ou ponctuel mais bien d’une caractéristique qui lui faut reconnaître. Nous ne parlons pas de deux ou trois relations passagères. Non, c’est infiniment plus que cela : la tsarine est ni plus ni moins ce que l’on appellerait aujourd’hui une nymphomane.

Ses sujets russes en ont d’ailleurs parfaitement conscience, si bien qu’ils associent à ses amants le mot « vremenchtchiki », c’est-à-dire « les éphémères ». L’appétit sexuel de la tsarine est donc connu de tous et est souvent exploité à des fins politiques.

Caricature contre Catherine II de Russie, L'Enjambée impériale. Eau-forte coloriée, BnF
Caricature contre l’impératrice, L’enjambée impériale, XVIIIe, ©BnF

On lui prête des exigences sexuelles extraordinaires, jusqu’à faire ingurgiter régulièrement à ses favoris de forts aphrodisiaques. L’on raconte même que le peintre et favori Alexandre Lanskoï doit sa mort à une trop forte dose d’aphrodisiaque (alors que la diphtérie représente probablement la cause réelle du décès). Cette sombre réputation continue d’être alimentée au fil du temps, comme nous le montre la plume de Pouchkine qui, un siècle plus tard, la qualifie de « Tartuffe en jupons ». En outre, durant la Seconde Guerre mondiale, des gravures et dessins mettant en scène l’impératrice se livrant à des actes sexuels et dont l’authenticité est douteuse, sont (soit disant) découverts dans les ruines du palais de Pouchkine (aujourd’hui appelé Tsarkoïe Selo). Ces dessins la présentent comme une véritable femme à hommes, aux relations plus honteuses les unes que les autres. On lui attribue même des relations zoophiles ! Comme le souligne Jean des Cars dans son ouvrage sur les Romanov, « rien n’est interdit dans la plus scabreuse propagande, surtout entre ennemis dans une bataille infernale ! ».

 

Caricature, anonyme.jpg
Anonyme, Caricature de l’impératrice, vers 1768-1772, Pologne
British Cartoon Prints Collection Library of Congress, Potemkin sur Catherine contre George III.jpg
Caricature anglaise, L’ours russe  et son cavalier invincible de la rencontre de la Légion Britannique, 1791

 

Le premier de cette longue série d’amants est Grigori Orlov, un homme tout à fait séduisant, aux prouesses amoureuses et militaires fort louables, avec qui la tsarine entretient une relation pendant dix ans.

Fedor Rokotov, Grigori Orlov, 1762-1763
Fiodor Rokotov, Grigori Orlov, 1762-1763

Avec lui, Catherine met au monde deux enfants. Lui et son frère, Alexeï, ainsi que le roi de Pologne Poniatowski et Potemkine représentent ses relations les plus importantes. Alors certes, ce statut de favori leur confère bien des avantages, tels que la réception du grade d’aide de camp général (ou encore du statut de roi de Pologne pour le Polonais Stanislas Poniatowski !), d’un appartement au-dessous de celui de l’impératrice, de nombreux serfs à leur service et d’une très grosse somme d’argent, mais cela apporte pareillement quelques désavantages. En effet, ses amants sont sa propriété, personne ne doit y toucher. Ainsi ne peuvent-ils sortir du palais d’Hiver sans lui demander son autorisation. Ils ne peuvent pas non plus côtoyer d’autres femmes, l’impératrice craignant qu’un autre être de son sexe lui fasse de l’ombre. Dur train de vie pour ces amants. Mais baigner dans la richesse et dans le luxe les aident certainement à oublier ces prérogatives. Au total, environ quatre-vingt-douze millions de roubles sont dépensés pour eux. Un mal pour un bien donc. Et puis, il n’est pas exclu qu’eux-mêmes aient apprécié ces moments de jouissance aux côtés de la tsarine. La rumeur raconte d’ailleurs que l’impératrice se serait mariée en secret avec Potemkine, devenu son cinquième favori en titre en mars 1774. Et puis, certains d’entre eux sont loin de ne représenter que des objets susceptibles de satisfaire ses envies sexuelles, mais bien des compagnons qui la soutiennent, l’épaulent, voire qui lui donnent de l’amour.

 

Comment les choisit-elle ?

Quels sont les ingrédients secrets qui font d’un homme un bon amant selon l’impératrice ? Pour Catherine, c’est très simple : un homme au physique digne d’Apollon mais qui n’a rien dans le citron n’est en aucun cas digne d’intérêt. Il arrive à la tsarine de s’intéresser à des amants ne présentant qu’une belle physionomie, tel Vassiltchikov, mais elle s’en lasse très rapidement. Pour cette femme éclairée, il faut en effet un amant avec une certaine finesse d’esprit, susceptible d’occuper une haute responsabilité au sein du gouvernement. Ajoutez à cela des aptitudes physiques et vous obtenez l’amant parfait pour l’impératrice des Russes. Elle les aime donc vifs d’esprit, beaux, et surtout bien jeunes. A titre d’exemples, nous pouvons évoquer Pierre Zavadoski qui a vingt ans de moins qu’elle, ou encore son dernier favori, le prince Platon Zoubov, qui est de trente-huit ans son cadet ! A plus de soixante ans, Catherine a toujours cette soif de relations charnelles et choisit en effet auprès d’elle de jeunes hommes capables de la combler.

Se méfiant par ailleurs de la grande noblesse qui pourrait menacer son pouvoir, l’intelligente Catherine ne jette son dévolu que sur la petite aristocratie, bien plus tranquille. Elle prend cependant le soin de ne pas s’approcher des marchands, qui constituent une catégorie sociale importante, ni des petits gens du peuple pour qui l’impératrice doit être un symbole de pureté.

Nous avons dit que Catherine aime les hommes éveillés et compétents, dévoués à l’impératrice comme à la Russie. Ainsi, Alexeï Orlov conduit les navires de la Baltique à la Méditerranée, ce qui contribue fortement à la victoire navale de la baie de Tchesmé en 1770, et son frère et premier amant, Grigori, apaise le peuple agité lors de la peste survenue en 1771. Son cinquième favori en titre, Potemkine, qui est remplacé par un certain Zavadovski, organise une expédition dans « la Nouvelle Russie » afin de regagner le cœur de sa bien-aimée et lui montrer ses remarquables aptitudes administratives. Soutenu par l’empereur Joseph II de Habsbourg et le roi de Pologne Stanislas Poniatowski et accompagné de dizaines de milliers de paysans, Potemkine fait construire des forteresses, des canaux et des villages le long du fleuve Dniepr. Ainsi pouvons-nous observer les habilités administratives et militaires de ses partenaires. Un homme dénué d’intelligence ne peut donc espérer attirer sincèrement et longtemps l’attention de l’impératrice.

Walker James, Portrait du prince Potemkine, XVIIIe siècle, BnF, Paris.jpg
Walker James, Portrait du prince Potemkine, XVIIIe, BnF, Paris, ©BnF

Mais attention, ces favoris n’en demeurent pas moins des amants. Ne leur en déplaise, leurs compétences au lit doivent être examinées au préalable par l’essayeuse, c’est-à-dire une demoiselle proche de l’impératrice chargée de lui rendre un rapport détaillé. Une fois ses aptitudes sexuelles évaluées, le potentiel favori, s’il est validé par la comtesse, peut entrer dans le cercle privé de la tsarine.

 

Une tsarine insatisfaite ?

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Fiodor Rokotov, Portrait de Catherine II, 1763

Comme mentionné plus haut, Catherine souffre depuis son enfance d’un manque cruel de tendresse maternelle. Elle décrira cette carence affectueuse de nombreuses fois dans ses écrits. Et puis, il y a Pierre, cet époux turbulent et si embarrassant. Sa tendance à multiplier ses relations nous montre ainsi quelque chose de fort intéressant, comme si l’impératrice cherchait à combler un manque existentiel, un manque qui traverse son être et qui semble lui peser. La succession d’hommes à ses côtés nous prouve également son insatisfaction. L’ardente tsarine serait-elle une éternelle insatisfaite ? Car si la liste de partenaires est longue, seuls certains ont fait l’objet d’un véritable amour, à l’image de Gregori Orlov et de Potemkine. Cette femme cultivée et vive semble en effet avoir un idéal masculin à l’esprit qu’elle tente de trouver dans la réalité, mais encore faut-il que cela soit possible. Ainsi décide-t-elle sans doute de choisir de jeunes hommes, non seulement pour la fraîcheur de leur corps mais également pour leur tendance à être aisément modelables, du moins plus que leurs ainés. Elle dira par exemple au sujet de son dernier amant, le prince Platon Zoubov qu’elle poursuit « les intérêts de l’Etat en formant des jeunes gens », ou encore écrira-t-elle par rapport à la mort de son favori Lanskoï qu’elle avait cru mourir de chagrin en apprenant la mort de ce jeune homme, qu’elle avait « éduqué» et qui était « doux, docile et reconnaissant ».

 

La légende du cabinet érotique

Je ne peux conter la légende de l’impératrice dévoreuse d’hommes sans mentionner le fameux cabinet secret du palais de Tsarkoïe Selo, ancienne résidence d’été des tsars. Dans ce cabinet, l’impératrice se serait adonnée, à l’abri des regards indiscrets, à des fantasmes sexuels des plus torrides. Sont présents dans ce cabinet bon nombre d’objets farfelus, tels que des meubles en forme de phallus ou encore des livres et gravures érotiques. Si la création d’un tel cabinet sous le règne de Catherine II est vraie ou non, nul ne le sait. En revanche, des témoignages, une liste d’inventaire réalisée en 1939 et des clichés pris par des soldats en 1941 montrent qu’il exista bel et bien de tels appartements au sein de ce palais. Ces clichés, pour le moins explicites, nous montrent des guéridons audacieusement décorés, des fauteuils dont les accoudoirs représentent des hommes nus, ou encore des ornements désignant les cuisses d’une femme. Voyez-plutôt :

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meuble 2

Cependant, rien ne semble indiquer qu’ils aient appartenu à Catherine la Grande, si ce n’est son appétit sexuel fort connu de tous. Mais sans preuve, point d’affirmation.

 

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Fiodor  Rokotov, portrait de Catherine II, 1780’s

 

Si la Russie connait un élan culturel, artistique et intellectuel sous son règne et un agrandissement territorial conséquent, c’est surtout sa réputation de collectionneuse d’hommes que la postérité retient de Catherine la Grande. Souvent l’objet de caricatures qui lui reprochent ses nombreux ébats charnels, la tsarine n’en demeure pas moins l’une des impératrices les plus appréciées de Russie. En plus de gouverner son empire avec dévotion, la nouvelle Sophie sait également s’amuser, profiter de la vie en multipliant aussi bien les bals et soirées que ses partenaires au lit. Disons le, elle sait croquer la vie à pleines dents. Une vraie hédoniste dans l’âme !

 

[1] Peu après cette union charnelle, la princesse tombe enceinte. Ainsi la paternité de son fils ainé, le futur Paul Ier, est contestée : alors qu’il est officiellement présenté comme le fils de son époux Pierre, il est probable qu’il soit en réalité le fils de ce premier amant.

 

Sources :

Jean des Cars, La saga des Romanov; de Pierre le Grand à Nicolas II., Plon, 2008, p358.

Hélène Carrère d’Encausse, Catherine II, Librairie Arthème Fayard, 2002, p656.

Henri Troyat, Terribles Tsarines, Editions Grasset & Fasquelle, 1998, p314.

Zoé Oldenbourg, Catherine de Russie, Gallimard, 1986, p384.

 

F.A

 

 

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